C’est en voiture climatisée que nous quittons notre superbe hôtel de bord de mer pour nous rendre à l’aéroport. Il est temps pour nous de quitter le Sri Lanka … Notre visa expire dans quelques heures ! C’est le début d’un voyage qui doit durer 22 heures (avec 7 heures d’attente à l’aéroport de Chennai), pour nous faire passer dans quatre pays et utiliser les services de trois compagnies aériennes : si nos bagages arrivent en même temps que nous, cela relèvera du miracle !
Sri Lankan Airline assure sa prestation à merveille, le dîner est purement délicieux. Dès notre arrivée à Chennai, une hôtesse collecte nos passeports (ainsi que ceux de tous les passagers en transit) et nous abandonne sur des sièges peu confortables disposés dans un large couloir. Pendant près de 5 heures, nous allons attendre dans ce bout d’aérogare, sans aucune nouvelle de nos précieux papiers ! Finalement, vers 2h du matin, tout cela nous est rendu accompagné de nos cartes d’embarquement … Et dire que nous avons passé une journée complète à Colombo pour obtenir des visas de transit pour l’Inde qui ne servent à rien !!!!!
Mais ce n’est pas parce qu’on a notre carte d’embarquement que nous pouvons embarquer ! Il faut descendre dans les sous-sols de l’aéroport pour identifier nos bagages … Jusque là, tout va bien !
Air Mauritius nous prend en charge pour un vol qui devrait enfin nous permettre de dormir. D’ailleurs, à peine installés sur nos sièges, nous sombrons …. Pour 30mn seulement ! Nous sommes réveillés par la chaleur étouffante qui règne dans la cabine. Hum, l’avion n’a pas encore décollé, pas de clim’… Ce n’est pas bon signe.
« Le commandant de bord et son équipage sont heureux de vous informer qu’il est actuellement impossible de démarrer les réacteurs ».
Une bonne heure de retard avant même d’avoir quitter le sol indien !
Dés que l’avion est dans les airs, nous pouvons respirer et songeons aux doux rêves que nous allons faire… Que nenni.
C’est l’heure du dîner… à 4h30 du matin !!! Ils sont fous ces mauriciens !
Au final, nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit, et c’est donc les yeux bien ouverts que nous atterrissons à Mauritius pour voir notre avion pour Tana quitter doucement l’aérogare.
C’est à partir de ce moment là que nous sommes entrés dans un monde parallèle.
En dédommagements, nous avons accès au lounge, avec douche, expresso, boissons à volonté, internet gratuit, etc. Nous remplissons nos sacs de magasines français !
En début d’après-midi, nous quittons cet endroit douillet pour profiter du déjeuner gracieusement offert par Air Madagascar. Et là, Horreur ! Notre vol a 2 heures de retard …
A l’heure du goûter, les passagers du vol pour Tana sont enfin appelés…. Mais pas pour un embarquement, pour une consommation gratuite…Plus personne ne sait à quelle heure est notre avion !
Puis rebelote pour le dîner !
Le seul point positif de ce genre de situation est que nous avons le temps de sympathiser avec d’autres personnes. Ca aide à passer le temps !
Pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous avions réservé un hôtel a notre arrivée ainsi que le transfert depuis l’aéroport (on sait, on vieillit). Nous les avions donc informés de notre retard, et ce sont eux qui, par texto, nous ont appris notre heure d’arrivée a Tana : 22h50 au lieu de…. 10h20 initialement prévu !
L’avion se pose enfin sur la piste de Mauritius et nous pouvons embarquer. A bord se trouvent des passagers qui arrivent de Dubai et qui n’en peuvent plus… Tout le retard, ils l’ont vécus assis dans l’avion sans clim’ !
Peu importe pour nous, nous sommes heureux d’être enfin sur le départ pour MADAGASCAR ! Oups, nous avons chanté « victoire » un peu vite !
L’avion recule un peu, puis s’immobilise, fait hurler les moteurs, puis :
« Le commandant de bord et son équipage sont heureux de vous informer que nous retournons au parking ».
Une nouvelle heure d’attente sans clim’, et les passagers qui commencent a être vraiment sur les nerfs … Au moment où enfin l’avion quitte son emplacement, un malgache demande a descendre de l’avion : il ne veut plus rester dans un avion si peu sur. Sa requête est rejetée par le commandant de bord. Il veut alors envoyer un texto à sa femme pour lui dire qu’il est ici a l’insu de son plein gré … Comme ça, en cas d’accident, la compagnie devra payer plus ! Mais, il n’est pas permis d’allumer son portable pendant le décollage … Le stewart a alors une phrase historique : « Monsieur, si vous croyez en dieu, priez ! ».
Une fois dans l'air nous attendons notre arrivee a Madagascar avec impatience... doux reve ! Apres 40 minutes de vol nous aterrissons a Saint-Denis de la Reunion. Tiens, nous sommes en France et Franck de nouveau sur l'ile ou il a passe 3 ans, il y a 27 ans. Des equipes techniques arrivent, ouvrent les moteurs. Nous avons le droit d'assister a leurs valses de la passerelle. Une heure plus tard nous redecollons.
Nous arriverons à Tana avec plus de 15h de retard. Il nous a fallu près de 37h pour parcourir les quelques 4 000 km qui séparent Colombo de Tana, soit moins de 110 km/h … Finalement, c’est a peine plus que les bus publics en Asie !
Aucun regret, Antananarivo mérite bien que l’on se fasse un peu mal pour arriver jusqu’à elle.